Etre le journaliste de son propre journal télé : une proposition alléchante
que nous fait Karl Zéro. "Dès que vous serez le témoin de quelque
chose qui vous paraît mériter de figurer au JT et dont vous pressentez
qu'aucun média ne voudra, filmez et envoyez-le moi directement en
MMS." Son credo : "Aucune censure concernant les excès
d'autorité, les bavures, les manifs, les coups de gueule et
autres infos généralement passées sous silence."
Le blog est avant tout destiné à la couverture
de la campagne présidentielle. "En 2007, je n'ai pas envie de revivre
2002, alors je fais un blog. (...) Il va servir à proposer des idées,
pour que ça change réellement. (...) Curieusement, plus il y a de
médias, moins on a l'impression d'être informé, défendu, compris",
explique-t-il sur ce podcast.
"Quand on connaît tous les problèmes de
censure et de pression dont il a été victime (parfois à raison), le
blog est sans hésitation le média idéal pour Karl Zéro. Le blog lui
permet une liberté d'expression bien supérieure à la télé", estime Laurent Goffin.
Même si la "plate-forme contre le prépensé" connaît visiblement quelques problèmes. "Pour ce blog, ça commence mal", commente Luc, confronté à ce message : "Inscriptions désactivées. Les nouvelles inscriptions ne sont pas autorisées pour l'instant".
Mais l'idée fait son chemin, et le vidéo blog ou vlog connaît une expansion fulgurante dans le monde entier.
"Nous allons passer de consommateur de médias à fabricants Nous sommes
en train d'apprendre", annonce Chuck Olsen, réalisateur de
documentaires et vidéo blogueur.
Une autre forme de journalisme ? C'est ce que fait ici Thomas Blard,
chroniqueur économique sur LCI : il interpelle ses invités dans les
couloirs de la rédaction sur des questions particulières. Et si les
politiques s'y mettent, comme le PS dans cette vidéo contre la "kärchérisation" du Code du travail par la droite, ils s'y font aussi piéger. Patrick Balkany en a fait les frais
: croyant répondre à un journaliste américain, il a déclaré que les
pauvres "vivaient très bien en France". Il répondait, en fait, aux "Yes
Men", un groupe d'altermondialistes. La vidéo a fait le tour du web.
Le développement des Podcasts politiques à
l'aube de la présidentielle pose le problème de la répartition du temps
de parole. "Les interventions des candidats à l'élection présidentielle
de 2007 qui seraient véhiculées par d'autres types de services sur
Internet comme des services de podcasting ne sauraient être prises en
compte par le CSA au titre de leur temps de parole", explique Francis
Beck, membre du CSA, sur le blog de Netpolitique.
Dans un autre article,
les auteurs s'interrogent. Et si la France était en avance sur les
Etats-Unis ? "Nous nous inquiétions justement de la probable déferlante
de clips politiques offensifs pour la première fois en France à
l'approche de l'échéance de 2007, craignant une dérive 'à
l'américaine'. La France étant première dans l'ordre chronologique à
expérimenter avec ces nouvelles techniques, peut-être qu'en 2008, le New York Times parlera alors de spots politiques 'à la française'."
Sites visités entre les 8 et 10 mai 2006.
Sophie Gindensperger