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DÉRISION / (28/01/2005) |
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Les Yes Men disent non à Davos
Un
documentaire retrace l’histoire de deux altermondialistes rois des
canulars. Avant-hier ils ont tenté, sans succès, de rentrer dans le
World Economic Forum. |
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leur costume trois-pièces, les deux compères se font passer pour des
cadres de l’OMC. Ils participent à des conférences un peu partout sur
la planète, et y présentent des idées plus surréalistes les unes que
les autres. DR
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LES FAITS
Depuis mercredi, The Yes Men , est diffusé dans les salles
lausannoises. Ce documentaire raconte l’histoire de deux Américains qui
se sont fait passer pour des représentants de l’Organisation mondiale
du commerce (OMC). Ils sont actuellement dans la station grisonne où
l’unique cinéma du village diffuse leur film.
Andy Bichlbaum et Mike Bonano, c’est le nom de ces deux compères
devenus les nouvelles stars des altermondialistes. Est-ce leur
véritable identité? Andy Bichlbaum se contente d’un sourire. Tout a
débuté en 1999. Ils créent alors un site internet ressemblant, à s’y
méprendre, à celui de l’OMC. La présentation est identique, mais pas le
contenu. Toutefois de très nombreuses personnes tombent dans le piège.
Voici donc les deux hommes invités à participer à de grandes
conférences en Finlande, en Australie, en Autriche ou encore aux
Etats-Unis.
Avec leur costume trois-pièces, ils passent pour de véritables cadres
de l’OMC et multiplient les interviews. Plus que militant, leur
discours est alors humoristique, voire surréaliste. Ainsi dans une
Université américaine, ils présentent leur solution pour résoudre le
problème de la faim dans le monde: recycler les restes de hamburger et
les envoyer en Afrique. Et ils n’hésitent pas à employer des moyens
techniques très modernes pour prouver que leur solution est possible.
En Australie, Andy Bichlbaum a aussi annoncé, très sérieusement, la
dissolution de l’OMC. Une nouvelle qui a aussitôt été reprise par tous
les médias australiens et qui a même été débattue au Parlement.
La BBC trompée
Leur dernier canular a fait la une de toute la presse
anglo-saxonne. Le 3 décembre, Andy Bichlbaum devient Jude Finisterra,
porte-parole de la multinationale Dow Chemical, propriétaire d’Union
Carbide, à l’origine de la catastrophe de Bophal. Sur la BBC, il
annonce que la société reconnaît toute sa responsabilité et va verser
12 milliards de dollars aux 20 000 victimes et nettoyer le site
dévasté. Il a fallu deux heures pour découvrir l’imposture.
Avec de telles actions, les deux hommes doivent être poursuivis par les
tribunaux du monde entier: «Non, pas du tout», déclare Andy Bichlbaum
sirotant un whisky dans un restaurant de Davos. Et d’ajouter aussitôt:
«La première fois que nous avons eu des problèmes, c’est ici.» Venus
dans la station grisonne pour présenter leur film, ils ont tenté
mercredi de pénétrer dans le Centre des Congrès qui accueille le World
Economic Forum. Muni d’une caméra, Andy Bichlbaum a même réussi à
passer sous une barrière de sécurité. Mais très vite la police est
intervenue, les a menottés et gardés trois heures avant de les libérer.
«Nous voulions juste blaguer, nous avions essayé d’avoir un badge, mais
sans succès», rigole cet Américain établi à Paris. Un humour qui n’est
pas partagé par la police grisonne qui pourrait poursuivre les deux
hommes. Andy Bichlbaum se dit d’ailleurs choqué par les forces de
l’ordre déployées dans la station grisonne: «C’est incroyable, dans le
pays de la démocratie directe on ne peut pas parler au pouvoir.»
Cet ancien informaticien de 41 ans ne mâche pas non plus ses mots à
propos du WEF: «Ici, les gens décident du sort de la planète et ils
invitent un pauvre comme Bono (n.d.l.r.: chanteur de U2) pour se donner
bonne conscience.»
Ultimatum à l’OMC
Avant de se rendre à Davos, les deux compères ont fait un détour
par le siège de l’OMC à Genève. Invités par les responsables de
l’information de l’organisation, les Américains n’ont pas été
convaincus: «Ils ont récité ce qui est sur le site.» Andy Bichlbaum et
Mike Bonano en ont profité pour adresser un ultimatum à l’OMC: ils
arrêteront leurs actions si elle accepte six conditions. Parmi
lesquelles: déménager dans un pays pauvre ou revoir entièrement sa
charte. Ils ne se font aucune illusion sur la réponse et préparent déjà
de nouveaux canulars. Mais avant, ils se rendront aux Etats-Unis pour
remettre à Dow Chemical, le Prix du Public Eye on Davos récompensant
l’entreprise la plus «irresponsable». «Mais demain on va skier»,
annonce tout sourire Andy Bichlbaum. |
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DAVOS/ VINCENT BOURQUIN
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