




Une journaliste poursuivie pour "injures publiques envers un membre du gouvernement"

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English:
Journalist facing legal action for "public abuse of a member of government"
Pays/Sujet: France
Date: 22 janvier 2004
Source:
Reporters sans frontières (RSF)
Personne(s): Judith Silberfeld
Cible(s):
journaliste(s)
Type(s) d'infraction(s):
poursuites judiciaires
Niveau de priorité:
Menace
(RSF/IFEX) - Judith Silberfeld, rédactrice en chef adjointe du
mensuel "Têtu", a été mise en examen le 8 janvier 2004 pour "injures
publiques envers un membre du gouvernement".
"Au moment où la France vient de supprimer le
délit d'offense à chef d'Etat étranger, l'une des dispositions les plus
archaïques de la loi sur la presse, l'accusation d'injure publique
envers un membre du gouvernement apparaît totalement absurde et
anachronique", a déclaré RSF.
Le quotidien "Libération", dans un article publié le 12 décembre
2002, avait cité le ministre délégué à la Famille, Christian Jacob,
connu pour son opposition au Pacte civil de solidarité (PACS) et à
l'adoption d'enfants par les homosexuels, qui affirmait notamment : "La
nouvelle famille, c'est pas d'être né d'une partouze, comme j'ai
entendu à la télé." Le 19 décembre, Silberfeld avait reçu un courrier
électronique semblant provenir du conseiller chargé de la communication
du ministre, Antoine Rault, et précisant que cette citation avait été
isolée de son contexte et que le ministre consacrait "beaucoup de temps
à l'étude des médias et de la télévision, dont il connaît peu les
rouages".
La journaliste de "Têtu", "mensuel des homosexuels des deux sexes",
avait publié le contenu de ce courrier informatique, qui lui avait paru
authentique, sur le site Internet du magazine. Quelques heures après,
Rault, joint par Silberfeld, avait fait savoir que ce courrier
n'émanait pas de ses services. Le conseiller du ministre avait réagi
"avec humour", selon la journaliste, qui avait immédiatement retiré
cette information du site Internet et publié un rectificatif dans
lequel elle reconnaissait avoir été victime d'un "canular assez bien
ficelé".
Plus d'un an après les faits, le 8 janvier 2004, Silberfeld a été
convoquée au tribunal de grande instance de Paris. Le juge
d'instruction lui a notifié sa mise en examen pour "injures publiques",
estimant que la journaliste avait employé des "expressions suggérant
que le ministre délégué à la Famille ne jouit pas de l'intelligence que
l'on pourrait attendre du titulaire d'une telle fonction". Le ministère
de la Famille admet, quant à lui, avoir déposé, fin 2002, une "plainte
pour diffamation contre X".


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