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Chronologie d'une affaire
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Le 12 décembre
2002, "Libération" publie un portrait de Christian Jacob, alors
ministre de la Famille du gouvernement Raffarin. On peut y lire que
pour lui "la nouvelle famille, c'est pas d'être né d'une partouze". Une
semaine plus tard, un communiqué estampillé du ministère de la Famille
précise que "cette phrase n'est pas de lui et a été sortie de son
contexte". Le communiqué ajoute que "Le ministre consacre beaucoup de
temps à l'étude des médias et de la télévision dont il connaît peu les
rouages et a noté cette phrase au cours d'une réunion d'étude sur
l'émission "C'est mon choix", programme parmi les favoris du ministre"
!
L'information est immédiatement reprise par la journaliste Judith
Silberfeld sur le site Internet de "Têtu", mais quelques heures plus
tard, le ministère de la Famille contacte la journaliste : le
communiqué est un faux, elle a été victime d'un canular. Judith
Silberfeld retire donc l'information et publie le lendemain un
rectificatif. Malgré cela, près d'un an plus tard, le 8 janvier 2004,
elle est mise en examen pour "injure publiques envers un membre du
gouvernement". Puis c'est au tour de Thomas Doustaly, le directeur de
la rédaction "Têtu".
Des perquisitions ont lieu au siège du magazine. Des ordinateurs sont
emportés. L'affaire retombe ensuite jusqu'à ces dernières semaines. Les
éditions La Découverte qui ont publié le livre des Yes Men reçoivent le
4 avril dernier un procès-verbal de police leur demandant de fournir
des informations sur ce livre et leurs auteurs - identité et
coordonnées bancaires des Yes Men, montant des à-valoir, etc. Le 14,
les Yes Men annoncent qu'ils ont joué le rôle du facteur dans l'affaire
du faux communiqué. Au cabinet d'Emmanuel Pierrat, qui assure la
défense de Judith Silberfeld, on estime que "l'instruction de l'affaire
va être longue : ils n'ont rien contre "Têtu", la bonne foi peut être
avancée. En revanche, s'ils retrouvent l'auteur, ce sera plus grave".
Mais qui est l'auteur ?
> Le communiqué en question
Voici quelques extraits du faux communiqué de presse ministériel
diffusé en décembre 2002 et attribué à Christian Jacob, ministre
délégué à la Famille.
"Le ministre [Christian Jacob] précise qu'il n'a rien contre les
homosexuels, qu'il en fréquente beaucoup à Provins, ville dont il a été
maire. Christian Jacob se sent "proche de cette population bigarrée".
Plusieurs membres de sont cabinets ou adjoints sont homosexuels. Sa
déclaration contre l'adoption par les homosexuels est d'ordre privé et
non politique. Contrairement aux écrits du quotidien "Libération",
monsieur Christian Jacob n'est pas proche spécialement de madame
Christine Boutin mais plutôt pour "un rassemblement de toutes les
droites contre l'alliance socialo-communiste qui a dévasté le pays (…)
La position du ministre sur le PaCS est plus complexe que le laisse
sous-entendre l'article du quotidien "Libération". Son passé
d'agriculteur lui a démontré que "dans la nature chaque créature créée
par Dieu a vocation à s'accoupler". Le ministre n'a rien contre le PaCS
en tant qu'objet moral, pense que "cela peut aider les homosexuels et
les marginaux" même si le texte adopté en tant que tel demeure une
erreur politique".
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