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Judith
Silberfeld, rédactrice en chef adjointe du mensuel Têtu, a été mise en
examen le 8 janvier 2004 pour "injures publiques envers un membre du
gouvernement".
"Au moment où la France vient de
supprimer le délit d'offense à chef d'Etat étranger, l'une des
dispositions les plus archaïques de la loi sur la presse, l'accusation
d'injure publique envers un membre du gouvernement apparaît totalement
absurde et anachronique", a déclaré Reporters sans frontières.
Le quotidien Libération, dans un
article publié le 12 décembre 2002, avait cité le ministre délégué à la
Famille, Christian Jacob, connu pour son opposition au Pacs et à
l'adoption d'enfants par les homosexuels, qui affirmait
notamment : "La nouvelle famille, c'est pas d'être né d'une
partouze, comme j'ai entendu à la télé." Le 19 décembre, Judith
Silberfeld avait reçu un courrier électronique semblant provenir du
conseiller chargé de la communication du ministre, Antoine Rault, et
précisant que cette citation avait été isolée de son contexte et que le
ministre consacrait "beaucoup de temps à l'étude des médias et de la
télévision, dont il connaît peu les rouages".
La journaliste de Têtu, "mensuel des
homosexuels des deux sexes", avait publié le contenu de ce courrier
informatique, qui lui avait paru authentique, sur le site Internet du
magazine. Quelques heures après, Antoine Rault, joint par Judith
Silberfeld, avait fait savoir que ce courrier n'émanait pas de ses
services. Le conseiller du ministre avait réagi "avec humour", selon la
journaliste, qui avait immédiatement retiré cette information du site
Internet et publié un rectificatif dans lequel elle reconnaissait avoir
été victime d'un "canular assez bien ficelé".
Plus d'un an après les faits, le 8
janvier 2004, Judith Silberfeld a été convoquée au tribunal de grande
instance de Paris. Le juge d'instruction lui a notifié sa mise en
examen pour "injures publiques", estimant que la journaliste avait
employé des "expressions suggérant que le ministre délégué à la Famille
ne jouit pas de l'intelligence que l'on pourrait attendre du titulaire
d'une telle fonction". Le ministère de la Famille admet, quant à lui,
avoir déposé, fin 2002, une "plainte pour diffamation contre X".
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